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Exaspérés par la stagnation de leurs négociations avec leur employeur, les syndiqués de l’hôtel Delta de Sherbrooke ont déclenché une grève de 12 heures vendredi matin. Les 120 employés ont piqueté devant l’hôtel rempli à pleine capacité, laissant une douzaine de cadres remplir leurs fonctions.
La CSN garde l’impression que l’employeur désire régler les dossiers des hôtels de Montréal avant celui de Sherbrooke. «Il y a des négociations dans quatre hôtels à Montréal. Nous, on les invite à négocier ici aussi. On veut faire avancer le dossier», a laissé savoir Pierre Rodrigue, président du syndicat des travailleurs et travailleuses du Delta de Sherbrooke.
Ironiquement, la semaine dernière, le dossier du Delta de Sherbrooke était le seul parmi ceux de la CSN dans la région à sembler être sur la voie du règlement. Or, mercredi, ce sont les employés du Quality Inn qui ont signé une entente de principe avec leur employeur, conforme à la plate-forme obtenue par l’hôtel PUR de Québec, puis l’Estrimont Suites et Spa et l’Hôtellerie Jardins de Ville.
C’est pourtant le dossier du Quality Inn qui stagnait la semaine dernière. «On n’avait pas de date pour une rencontre de négociations. On a fait savoir à l’employeur qu’on prendrait un vote de grève général illimité jeudi, a expliqué Claude Dallaire, représentant de la CSN-Estrie. On a reçu une télécopie mercredi, disant que toutes les demandes étaient acceptées.»
Le syndicat du Delta réclame la même entente que celle signée à l’hôtel PUR de Québec et dans trois hôtels de la région. «Ça achoppe sur une convention de trois ans, sur une augmentation de 5 pour cent par an, et sur la demande d’une chambre de moins par préposé», a laissé savoir Pierre Rodrigue.
Les préposés aux chambres de l’hôtel Delta sont tenus de nettoyer chacun 15 des 178 chambres par jour. «Mais depuis quelques années, la charge de travail s’est alourdie. On a des bacs de récupération, de la vaisselle à nettoyer, des couettes et des oreillers supplémentaires, a énuméré le président syndical. Si l’hôtel est complet, notre demande équivaut à un préposé de plus par jour.»
À Montréal, les préposés sont déjà tenus à 14 chambres. Ils en réclament 13. Il s’agit du deuxième débrayage des employés du Delta depuis le début du conflit.
D’autres négociations
Les employés du Coq rôti, en lock-out depuis trois semaines, ont quant à eux eu droit vendredi à une séance de négociations avec leur employeur, dont il n’a pas été possible de connaître le résultat. «Un des frères a dû être ramassé à sa descente d’avion», a ironisé Claude Dallaire, en faisant référence à un voyage d’un des deux employeurs qui a empêché la poursuite des négociations récemment.
Les nouvelles sont aussi encourageantes du côté de Construction DJL. «Le 22 juillet, l’employeur nous avait fait une offre globale et finale. Il nous a fait une belle surprise, il veut se rasseoir avec nous à la table de négociations, a expliqué Jocelyn Salvail, président du syndicat CSN de DJL. On se rencontre mercredi. On devrait avoir une nouvelle proposition, l’autre ne doit plus tenir», espère-t-il.
Par ailleurs, un rapport d’enquête de la Commission des relations de travail conclut que les transferts d’équipements entre les établissements ou chantiers effectués par des sous-traitants ne respectent pas le Code du travail, tout comme les travaux de réparation effectués par des entrepreneurs en remplacement de salariés en grève. «Nous n’excluons pas faire une nouvelle demande, concernant un travailleur de la construction qui fait le travail d’un salarié», a annoncé Claude Dallaire.
Restent les dossiers de la Scierie Valcourt et du Domaine Fleurimont qui sont stagnants. «Mais ils reçoivent le même salaire que s’ils travaillaient. Les employeurs ont intérêt à s’asseoir; les pressions financières ne sont d’aucune utilité